Critique : Mawaru Penguindrum

Il y a ces animes qui, dès les premiers visionnages, donnent envie de partager l’oeuvre, écrire une critique. En 2011, j’ai pu rencontrer trois animes de ce calibre, Madoka Magica, Steins; Gate et Mawaru Penguindrum, dont il sera justement question dans cet article. Ikuhara Kunihiko, réalisateur de Sailor Moon et Utena, qu’on n’avait plus revu depuis 12 ans, revient en force avec Mawaru Penguindrum, un anime pas tout à fait comme les autres. Pour les personnes qui ont déjà terminé l’anime, je vous invite à jeter un coup d’oeil dans la partie « spoil » en fin d’article !

KuruKuru

Mawaru Penguindrum met en scène deux frères, Kanba et Shôma, et leur jeune soeur Himari, vivant à trois dans une petite maison. L’histoire débute lorsque la jeune Himari décède subitement suite à une maladie inguérisable. Alors que les deux frères pleurent sur la dépouille, un chapeau de pingouin magique apparait de nulle part sur la tête de Himari, et transforme celle-ci en « Princess of the Crystal ». Cette princesse mystérieuse et excentrique, ordonne alors aux deux frères de lui ramener le « Penguindrum » si ils veulent sauver Himari. Commence alors une aventure mêlant présent et passé, destin et châtiment.

Cette petite introduction pourrait faire croire que Penguindrum est un anime sinistre, ou complètement barré (une princesse avec un chapeau de manchot, on aura tout vu !), et bien en réalité Penguindrum est un mélange habile des deux. L’anime marque d’ailleurs une tournure dans le scénario et même dans son ambiance à partir du 12ème épisode.

Ainsi, l’humour est également de la partie dans cet anime, avec des personnages farfelus tels que les trois manchots acolytes de la princesse ou encore la cocasse Oginome Ringo, actrice clef de la série. Les personnages d’ailleurs sont pour la plupart charismatiques et possèdent une personnalité qui leur est bien propre. Un regret tout de même, je n’arrivais pas à supporter la voix de Kanba …

 « Destiny »

Seizon Senryakuuu !

Bien que Penguindrum soit un anime qui porte sur énormément de thèmes, tels que la famille ou l’amour, il y a bien une thématique principale présente tout au long de la série : celle de la destinée. Le mot « Destin » est par ailleurs un mot qui revient très souvent dans l’anime, et les protagonistes réagissent chacun à leur manière face à ce destin, qu’ils l’acceptent ou qu’ils le combattent. Il y a également cette mythique phrase lorsque Himari se transforme en Princess of the Crystal : « Je m’adresse à vous, vous qui ne parviendrez probablement jamais à devenir quelqu’un » (la version originale est dite de manière tellement plus classe… C’est là qu’on découvre la flexibilité de la langue japonaise, ou mon incompètence pour la traduction…). Une phase de transformation tout aussi monumentale que celle de Sailor Moon soi dit-en passant, avec le désormais célebrissime « Seizon Senryaku » (« Survival Strategy »).

Mais Penguindrum c’est également, et surtout, un anime bourré de métaphores et de sens cachés, des références au classique japonais « Train de nuit dans la Voie lactée » (les noms Kanba et Shôma sont même inspirés de cet oeuvre) ou l’attentat au gaz Sarin à Tokyo en 1995. Tellement d’images à déchiffrer qu’un seul visionnage ne suffit pas pour tirer toute la quintessence de l’anime. L’image la plus marquante est certainement celle de la pomme, le fruit interdit, qui revient tout au long de l’anime, et ce sous différentes formes.

Il n’est donc pas rare que l’on nous balance des scènes mystiques, dans lesquelles on ne comprend pas tout à fait ce qu’il se passe. D’ailleurs pas mal de questions resteront en suspens même après la fin de l’anime. Mais ceci n’empêche pas de profiter de l’anime qui, par le biais de ces symboles, nous offre un univers original. Le « Kodomo Broiler » est un parfait exemple, ce lieu irréel dont on ne sait pas exactement ce qu’il représente mais possédant une atmosphère atypique. Pas étonnant donc de retrouver aujourd’hui sur la toile divers thèses et interprétations sur ces lieux et symboles.

Parler de Penguindrum sans mentionner sa direction artistique serait un châtiment. La patte graphique se marie à merveille à l’univers de Penguindrum, tantôt coloré et épanoui, tantôt sombre et triste. Quant à la musique, je trouve tout simplement qu’elle fait partie des meilleurs OST que j’ai pu entendre, la bande-son est très variée, encore une fois à l’image de l’anime. On retrouve ainsi tout aussi des partitions mélancoliques, que des mélodies comiques, tous d’une qualité inouïe. C’est d’ailleurs la première fois de ma vie que j’écoute un CD d’OST ! Ne parlant même pas des deux openings, les plus sublimes de l’année (que je vous invite à regarder, tout en bas de l’article !), et des endings, au nombre de dix (oui, autant !).

Conclusion

Pour finir, on peut dire que Penguindrum est clairement un anime qui choisit son public, pour sa complexité du scénario et son ambiance unique. A vrai dire Mawaru Penguindrum est comme une chanson mélodieuse aux paroles poétiques. Les plus courageux tenteront d’éclaircir ses lyriques, afin de percer sa philosophie, alors que d’autres se contenteront de baigner dans sa mélodie, pour retrouver une réjouissance jamais égalée.

Spoil

Petite partie spoiler pour les personnes qui ont terminé l’anime.

Cliquer pour révéler le texte
Beaucoup d’intrigues dans Penguindrum ne sont pas expliquées de manière explicite, pour ainsi laisser aux auditeurs réflechir/interpréter à leur guise les événements.

La signification du Penguindrum fait partie de cela, et l’interprétation classique est de se dire que le Penguindrum, la pomme, l’amour et la vie n’en font qu’un, l’anime se basant sur l’échange de celui-ci entre les protagonnistes.

Et c’est par hasard que je suis tombé sur cette simple image qui, ma foi, décrit de manière simple et terriblement efficace le déroulement de Mawaru Penguindrum, le « Survival Strategy » déployé par les frères Takakura en somme.

Titre : Mawaru Penguindrum
Production :Brain's Base
Genre :Comédie
Drame Psychologique
Adaptation Manga :Non. Mais il existe une adaptation littéraire (3 romans).
Nombre d'épisodes :24 (fin)

Commentaires

  1. nico Répondre

    bravo, belle critique, est belle image a la fin, je suis fan de cet anime moi aussi, que je met au meme niveau que stein gate u.u

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