Critique Flash : Ga-Rei

Durant mes périodes d’examen, je pris l’habitude de lire quelques mangas entre deux sessions, histoire de me décontracter. Mais hors de question de lire une œuvre complexe ! Ce que je recherche avant tout, c’est du repos, et l’idéal est un manga qui non seulement ne nécessite aucune réflexion, mais permet aussi de s’immerger dans la lecture afin d’oublier ne fut-ce qu’un moment cette période de torture qu’est le blocus… Ga-Rei, c’est exactement ça : mon refuge spirituel.

Ga-Rei, c’est un peu Bleach, mais à la sauce Ace (= magazine mensuel Shônen édité par Kadokawa). Kensuke, un lycéen capable de voir des Rei (= esprits), rencontre un jour une fille chasseuse de Rei; Kagura. Celle-ci a la particularité de posséder en elle un Rei surpuissant, le “Byakuei”, dont elle a le contrôle afin de combattre les esprits maléfiques. Kensuke devient alors son assistant et rejoint auprès d’elle la division des catastrophes naturelles du ministère de l’environnement. Dès lors, sa vie bascule : d’une vie paisible, il passe à une vie de Ghost Buster, pleine de danger… Et d’amour !

Avec trois histoires principales en tout (trois “arcs”), pour un total de douze tomes, un des points forts de Ga-Rei est sa progression rapide. En effet, on s’immerge très vite dans le manga. L’auteur nous embête pas à nous livrer maintes histoires annexes et on entre directement dans le vif du sujet, ce qui permet d’avoir une lecture rythmée, avec un enchaînement successif des événements. Peut-être même un peu trop rapide, puisqu’on dévore tous les tomes en un rien de temps !

Mais cette procédure de nous livrer que des gros arcs peut avoir son inconvénient : une fois l’arc démarré, l’auteur doit continuer jusqu’au bout. Ainsi si il part d’une mauvaise base, il aura beaucoup du mal à se rattraper. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour la dernière partie du manga. Un début pas très convainquant, qui se répercutera par la suite : des personnages peu valorisés, un scénario qui sent le recyclage. Dommage car cela nous laisse une fin avec un goût amer.

On se demande aussi l’utilité du héros, Kensuke, qui fait pâle figure à côté de Kagura, d’une personnalité pas forcément originale, mais attachante. Ce phénomène de “boulet-attitude” (entendez par-là : le garçon ne sert à rien SAUF au moment où l’héroïne est en danger… Comme par hasard !), est assez fréquent dans le monde du manga (exemples : Shikabane-Hime, Kurokami, Sora no Otoshimono…) mais souvent mal maîtrisé, car il mène à des scénarios trop prévisibles. Une exception qui me vient en tête est celle de Bang Ja, dans Shin Angyo-Onshi, qui maîtrise à merveille son rôle : un boulet, certes, mais entièrement assumé.

Côté dessin, on aime ou on n’aime pas. Mais il faut avouer que les traits ne sont pas forcément soignés et les dessins des personnages sont assez particuliers (surtout ceux des filles). Pour les lecteurs qui se seront penchés sur le manga après avoir vu l’anime, ils auront certainement du mal à s’adapter aux dessins, tellement la différence entre les deux versions est frappante. Pour ceux qui ne le savent pas, il existe en effet un anime de douze épisodes, précédant l’histoire du manga : un spin-off à ne pas manquer pour les fans !


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Finalement Ga-Rei s’est avéré être le manga idéal pour mes périodes d’évaluation. Un œuvre classique dans l’ensemble, facile à lire avec un scénario Shônen à prendre au second degré, bref on bouquine et on ne réfléchit pas plus loin. C’est un plaisir de dévorer les deux premiers arcs, entrainants, mais on regrettera tout de même ce manque d’engouement dans la dernière partie. Toutefois, Ga-Rei s’arrête là et demeure un passe-temps divertissant, rien de plus, rien de moins, un peu comme les films d’Hollywood …

Titre : Ga-Rei
Auteur :Segawa Hajime
Publié par :Kadokawa (Japon)
Pika(France)
Adaptation Anime :Oui. 12 épisodes diffusés en 2008.
Tomes parus (à la date de publication de l'article) : 12-fin (Japon); 9 (France)