Les différentes catégories de mangas

Voici un billet qui a pour but d’éclaircir les différentes catégories des mangas, et de présenter certains éditeurs ainsi que leurs magazines publiés. Cet article est aussi une sorte d’index qui pourra voir des modifications au fil des jours si nécessaire. J’ai procédé ici à une classification en fonction des publics visés, étant donné qu’ils ont des termes spécifiques, utilisés couramment lorsqu’on parle de mangas.

Shônen (= adolescent)

Comme son nom l’indique, les mangas shônen sont destinés aux jeunes garçons. Pourtant, le shônen est le genre le plus publié dans le monde entier et possède des lecteurs mixtes de tout âge. Une seule condition requise pour un shônen : la présence d’un héros charismatique, sortant du commun. Hormis cette “restriction”, on retrouve plusieurs genres littéraires : science-fiction, sport, comédie, love-comé (pour love & comédie) etc. Mais le plus présent reste le manga d’action, narrant l’épopée des personnages à travers ses aventures et ses combats.

Les magazines Shônen :

Weekly Shônen Jump (1968~) :Magazine hebdomadaire, édité par Shueisha. C’est certainement le magazine le plus connu, même en occident, et la revue manga la plus vendue au Japon. Les mots-clefs de Jump étant “Amitié”, “Victoire” et “Effort”, la rédaction oblige à l’auteur qu’il y ait au moins un de ces slogans dans leur manga. Un bon exemple est “One Piece”, qu’on pourrait qualifier comme la définition même du shônen Jump. La rédaction est notamment connue pour son régime absolu basé sur des sondages. En effet, les lecteurs ont la possibilité de voter pour leur mangas préférés, en envoyant une carte postale fournie avec le magazine. Ainsi, la pérennité d’un manga est entièrement entre leurs mains. Bien que Jump ne soit pas le seul à adopter cette approche, la plupart des autres revues se contentent de se servir des résultats comme un simple moyen de mesurer la notoriété des mangas.

Principaux mangas : Dragon Ball; One Piece; Death Note; Naruto; Bleach; HunterxHunter; City Hunter…

Weekly Shônen Sunday (1959~) : Magazine hebdomadaire, édité par Shôgakukan. Bien qu’il ait un public d’âge moyen plutôt élevé, ses mangas principaux sont des comédies ou des histoires d’amours. Une anecdote amusante : si Sunday s’appelle ainsi ce n’est pas parce qu’il est publié le dimanche (c’est plutôt chaque mercredi), mais parce que “si vous lisez Sunday, vous allez vous amuser comme si vous étiez dimanche, jour de congé”. Des vétérans tels que Adachi Mitsuru (Touch, Rough…) ou Takahashi Rumiko (Urusei Yatsura, Ranma 1/2…) écrivent pour Sunday. Il est aussi intéressant de souligner qu’il est le premier, depuis 2009, à proposer des lectures en ligne.

Principaux mangas : Détective Conan; Hayate the combat Butler; Ureusei Yatsura; Inuyasha; Touch; Patlabor…

Weekly Shônen Magazine (1959~) : Magazine hebdomadaire, édité par Kôdansha.

Principaux Mangas : GTO; Samurai Deeper Kyo; Ashita no Jo; School Rumble; Love Hina; get Backers; Les enquêtes de Kindaichi….

Shôjo (= adolescente)

Ce n’est pas parce que les mangas “shôjo” sont destinés au genre féminin qu’il n’y a que des histoires d’amours. Cette tendance est plutôt récente puisqu’au départ on trouvait de tout dans un shôjo. En effet, même si son répertoire n’était pas aussi vaste que celui d’un shônen, on dénichait aussi bien des récits de sciences-fictions que de suspense, ou de fantaisie. Ceci n’est pas très étonnant lorsqu’on sait que les précurseurs du shôjo sont pour la plupart des auteurs masculins. Ainsi, la distinction entre un shôjo et shônen se fait plus dans le style de dessin ou de la mise en scène que le scénario à proprement parlé. Aujourd’hui, il n’est pas rare de trouver des shôjos lus par des hommes et même pour certains, destinés aux hommes (bien que cela puisse paraître paradoxal). Une chose à ne pas confondre : le shôjo a plusieurs subdivisions suivant les tranches d’âge visées alors qu’un shônen, en principe, n’en a qu’une. Toutefois, on utilisera plutôt l’appellation Josei (= femme) ou Ladies pour les mangas destinés aux femmes “moins jeunes”, à savoir entre 20 ans et 40 ans.

Principaux Magazines (dans l’ordre du public visé, des plus jeunes aux plus adultes) : Nakayoshi; Ribon; Margaret; Hana to Yume; Kiss; Chorus…

Principaux Mangas : Ace wo Nerae, Les roses de Versailles; Honey & Clover; Sailor Moon; Kimi ni Todoke; NANA; Card Captor Sakura; Chibi Maruko-chan….

Seinen (= jeune homme)

Le seinen, généralement pour majeurs, est le genre qui a le plus vaste public. Délivré de toutes restrictions d’âge, il a une grande liberté d’expression : sexe, violence, politique, tout est permis. Les auteurs profitent donc de cet affranchissement pour écrire des œuvres qui nécessitent ou suscitent une certaine réflexion chez les lecteurs, généralement plus âgés que les adeptes du shônen. Le fait que le seinen ne concerne pas les mineurs ne signifie pas que celui-ci regorge seulement de mangas sanguinaires. Ce phénomène est principalement dû à la maturité nécessaire pour suivre la trame, appréhender les personnages et leurs psychologies, ceux-ci étant souvent plus complexes que dans un shônen. Alors que le shônen fait rêver le lecteur, le seinen le ramène à la réalité : l’angoisse, la peur, la mort sont des thèmes fréquemment rencontrés. Le seinen propose donc aussi bien des histoires de guerre, fondées sur des recherches historiques, que des récits décrivant la vie quotidienne d’une petite fille de 5 ans. Un gamin de primaire aura beau lire Gantz, ou encore Yotsuba&, il n’en tirera pas toutes les subtilités. Le seinen est une véritable boîte de Pandore où il est possible de trouver toutes sortes de mangas.

Principaux Magazines : Weekly Young Magazine, Weekly Young Jump, Big Comic, Buisiness Jump, Young Animal…

Principaux Mangas : Attack on Titan; March comes in like a Lion; Le nouveau Angyo Onshi; Tenjo-Tenge; Vagabond; 20th Century Boys; Ikigami…

Yônen (= enfant)

Mangas destinés aux jeunes enfants, mettant en scène des super-héros combattant le mal ou des histoires inspirées de jeux-vidéos/jouets. Dans le temps, des “maîtres” tels que Tezuka Osamu ou Fujiko Fujio dessinaient des yônens, ce qui permettait à certains mangas d’avoir des fonds philosophiques. Mais aujourd’hui, il n’en est rien puisque le manga yônen est devenu un véritable outil de propagande, appuyant la promotion des jeux et jouets. Il n’est pas rare non plus que certains mangas shônen soient adaptés en un manga yônen, avec un scénario plus “allégé”. Principaux Magazines : Korokoro Comic; Televi Magazine; Kerokero Ace; Shougaku Ichinensei…

Principaux Magazines : Korokoro Comic; Shougaku Ichinensei; TV-Magazine…

Principaux Mangas : Testuwan Atom (Astro Boy); Doraemon; Bayblade; Pokémon; Kamen-rider…

Seijin (= adulte)

Les mangas seijin, contrairement aux autres catégories, sont formellement interdits aux mineurs. En effet, ces mangas appelés également « Ero Manga », « Adult Manga » ou « Manga 18+ » regroupent toutes les littératures à caractère pornographique. En occident, on parlera plutôt des mangas « hentai » (signifiant « pervers ») bien que cette appellation ne soit pas utilisée au Japon. Les contenus varient beaucoup et cela va de l’amour fraternel au viol, passant par le « Yaoi » (appelé aussi Boys-Love, il décrit l’amour entre deux hommes). Mais la tendance actuelle est le lolicon (pour lolita-complexe), mettant en avant des jeunes filles (10~18ans). Comme le seijin a pour but premier de montrer le sexe, il existe très peu d’œuvres sous forme d’épisodes. De plus, il a un dessin ressemblant beaucoup à celui des animes.

Principaux Magazines : Comic Kairakuten ; Lemon People ; Comic Mega Store ; Comic Penguin Club…

Dôjin (= personne semblable)

Le manga dôjin est le plus atypique comme genre, d’un point tel que je ne sais pas si il a véritablement sa place dans cet article. A vrai dire, le dôjin est un mot utilisé pour toutes les œuvres non professionnelles, que cela soit littérature, films ou jeux-vidéos. Le terme est composé des idéogrammes signifiant «semblable» (dô) et «personne» (jin), car les dojinshis (revues dôjins) sont des mangas amateurs publiés par ses fans, c’est-à-dire par des personnes partageant un goût semblable. On trouve de tout, et surtout du n’importe quoi parmi ses mangas : cela peut parler d’informatique, de la politique, des trains, ou bêtement être un recueil d’illustrations. Mais les plus répandus restent les parodies des mangas connus (shônen, seinien, shôjo…), souvent avec des contenus pornographiques. En effet, nombreux sont les fans qui possèdent un certain fantasme vers ses héroïnes préférées ou simplement aimeraient voir l’histoire d’amour entre les protagonistes plus se développer. Etant donné que les auteurs des Dôjin sont, justement, ces fans, on retrouve énormément de dojinshis adultes, que cela soit à contenu érotique léger ou “hardcore”, histoire de satisfaire tous les fantasmes possibles et imaginables… Il faut savoir que ces oeuvres amateurs constituent une part non-négligeable dans l’industrie des mangas pornos, au côté des mangas seijin. Il existe diverses méthodes pour se procurer ces revues amateurs, mais la plus connue reste le « comic market » appelé aussi « comiket », une foire couverte se déroulant à Tokyo où des cercles d’auteurs dôjins se rassemblent (au nombre de 35000) afin de vendre leurs créations.

Auteurs ayant commencé dans des cercles dôjins : CLAMP (Tsubasa Reservoir Chronicle, Chobits…) ; Fujisawa Tôru (GTO…) ; Ishinomori Shôtarô (Cyborg 009…)…

  1. Tiens, j’avais jamais entendu parler de “yônen”. On parle plus souvent de “kodomo” me semble-t-il. Sinon très belle synthèse, ils manquerait juste quelques autres appellations qui seraient le “josei”, des mangas pour jeunes femmes (Nodame Cantabile) et le “yuri” comme pendant féminin du “yaoi” (avec quelques ambiguïtés). Pour les “dôjin”, je pense pas trop me mouiller en précisant que 90% de la production est de nature “hentai”.

    1. C’est vrai que le yônen n’est pas un terme très utilisé. Même au Japon, on préféra utilisait des mots comme « jidou » (児童) qui est un synonyme de kodomo, signifiant « enfant ». Yônen est une appellation formelle en fait, qui reste dans la lignée du « shônen », « shôjo » etc. Le josei, c’est vrai que j’en ai pas parlé car je ne m’y connais pas du tout ^^ (j’ai seulement lu quelques tomes de Nodame…)
      Pour ce qui est du yuri, yaoi ou boys-love etc. c’est une sous-catégorie (au même terme que « action », « aventure », « sf » etc.) donc je n’ai pas abordé ici… Mais ce serait une idée de faire un article dessus (bien que j’ai peur de ne pas avoir la connaissance nécessaire :p)

      Pour le dôjin c’est une très bonne remarque, je vais en profiter pour màj l’article ! Merci bien ^^

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