Critique Flash : Arrietty

C’est dans le cadre du festival du film d’animation, Anima 2011, que nous sommes allés visionner le nouveau-né du studio Ghibli, réalisé par Yonebayashi Hiromasa, « Arrietty ~Le petit monde des chapardeurs~ ». Ayant lu pas mal de bonnes critiques lorsque j’étais au Japon cet été, comme par exemple Miyazaki qui disait lors d’une interview avoir enfin « trouvé son successeur », je me dirigeai vers la salle avec plein d’enthousiasme.

L’histoire raconte la vie d’Arrietty, une fille lutin de 14ans, mesurant à peine 10 cm. La jeune fille vit en cachette avec ses parents dans la maison des humains, en tant que « chapardeur » (Chapardeur… Quelle richesse la langue française tout de même !) c’est-à-dire en empruntant chez ceux-ci de la nourriture ou ustensiles nécessaires pour vivre. Les petits habitants ont une seule règle : ne jamais se faire voir par les humains sous peine de devoir quitter les lieux. Mais alors qu’Arrietty part pour la première fois à la « chasse à l’emprunt » (« kari » en japonais, un subtile jeu de mot entre les verbes « karu » = chasser et « kariru » = emprunter), elle se fait prendre en flagrant délit par Shou, un garçon souffrant d’une maladie cardiaque. La vie de deux êtres se croisent alors, l’une vouée à disparaître mais profitant pleinement de sa vie, et l’autre ayant abandonné de vivre.

Arrietty est donc un film du même style que Totoro : pas de grosse intrigue mais seulement une histoire de rencontre et des clichés d’une vie quotidienne féerique. Ces scènes de vie sont d’ailleurs décrites avec un détail impressionnant et c’est là le plus gros point fort d’Arrietty. Yonebayashi a réussi à nous livrer un monde minuscule réalisé avec le plus grand soin, qui paraîtrait presque réel ! Mon exemple préféré est celui de la théière, qui sert du thé goutte par goutte et non en versant, à cause de son bec verseur trop petit. Malheureusement même avec son décor sorti tout droit des récits fantastiques, Arrietty peine à nous charmer.

En effet, à aucun moment du film la magie n’opère, et il manque le côté envoûtant qui existe dans tout bon Ghibli, ce quelque chose qui vous fait oublier le temps présent, pour plonger dans un rêve mythique. Souvent, cette poésie s’infiltre par la musique ou des images, qui à elles seules dressent un tableau s’imprégnant dans l’esprit. Dans Ponyo, c’est la scène de la mer ou ses tempêtes, pour Laputa (Le château dans le ciel) c’est le scène où Sheeta descend des cieux et ne parlons même pas de Totoro, devenu aujourd’hui mascotte du studio, tellement le personnage a marqué les âmes.

Dans Arrietty, je n’ai rien trouvé de tout cela. Très peu de scènes marquantes, une bande-son avec des mélodies recyclées. J’avais d’ailleurs beaucoup du mal lorsque la chanteuse (française !) chantait, à part lors du générique de fin où sa voix passait très bien. Si il y a bien une chose dont je n’oublierai pas c’est le chat, super moche, qui comme tous les autres chats chez Ghibli, nous offrait humour et sympathie !

Personnellement, je trouve que Yonebayashi est loin d’être le successeur de Miyazaki. Et je commence petit à petit à m’inquiéter sur l’avenir de Ghibli, maintenant que le maître a choisi de se reposer… Mais n’exagérons tout de même pas ! Car Arrietty reste tout de même un film bien mignon, c’est simplement qu’il ne va pas au-delà de mes attentes. Comme le dit si bien un ami, « C’est un bon film, mais un mauvais Ghibli ».

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