Critique : Deus Ex : Human Revolution (PS3)

Après avoir marqué une génération de joueurs sur PC il y a un peu plus de 10 ans, la série Deus Ex s’allonge avec un nouvel épisode développé cette fois-ci par Eidos Montréal. Deux Ex : Human Revolution est-il à la hauteur de son attente ?

Sans trop vous spoiler, l’histoire se déroule quelques années avant le premier épisode, dans une époque où le transhumanisme devient une réalité pour tout le monde. Adam Jensen, simple chef de la sécurité chez Sarif Industries, a pour rôle de protéger cette société qui crée ce type de technologies. Malheureusement, après une attaque violente par des mercenaires, Adam se voit contraint d’être augmenté pour survivre à ses blessures, et se venger de la mort d’une employée qui lui était très cher. De plus, des groupes pro-humanistes, qui veulent donc préserver l’intégrité humaine, s’opposent aux sociétés comme Sarif qui revendiquent la progression de cette race. L’histoire se déroule dans un fond de conspiration et de révoltes illustrant le balbutiement d’une société humaine en plein conflit. Le scénario est prenant, et comporte pas mal de retournements qui aguicheront le joueur jusqu’au dénouement.

Après cette introduction, vous voilà au contrôle d’Adam qui est passé du stade d’humain à  celui d’humain augmenté, possédant donc des technologies de pointe dans son corps. Pour vous en équiper, car tout n’est évidemment pas disponible au début, il vous faut les échanger contre des points d’augmentation disponibles de deux manières différentes. Soit vous acheter un «kit de dynamisation» pour quelques crédits, soit vous remplissez totalement votre barre d’expérience en effectuant diverses actions (visites de lieux inconnus, combats, etc.). À vous donc de répartir ces points comme bon vous semble, de préférence en fonction de vos besoins, certains chemins dans le jeu étant uniquement accessibles avec une augmentation spécifique (resister à un saut de 10 mètres, résister à des gaz toxiques, etc.). L’aspect jeu de rôle ne s’arrête pas là, puisque vous pouvez librement dialoguer avec des PNJ et choisir entre plusieurs réponses qui auront des conséquences sur le déroulement de l’histoire. Le monde dans lequel vous évoluez n’est pas à proprement parlé «ouvert», mais est tout de même assez vaste et varié pour vous donner un certain sentiment de liberté. D’une certaine façon, Deus Ex : Human Revolution emprunte des éléments des jeux de rôles mais reste principalement un jeu d’action/infiltration.

Ce qui fait la particularité de la série Deus Ex est la façon d’aborder le jeu, et il en est de même dans Deus Ex : Human Revolution. En effet, il est possible de terminer le jeu sans tuer qui que ce soit (hormis les boss), ou au contraire faire un carnage tout au long de votre partie. Le game design des niveaux a été pensé en conséquence, vous donnant plusieurs possibilités pour arriver à l’objectif qui vous a été clairement indiqué. Les chemins secondaires sont plus discrets (conduits d’aération, etc.) mais plus difficiles à trouver en contrepartie. Un système de couverture est également présent, vous permettant de vous faufiler sans être vu, vous facilitant la tâche. Et si cela ne vous suffit pas, vous pouvez toujours pirater, à l’aide d’un mini-jeu sympathique, des ordinateurs et désactiver entre autres les caméras de sécurité. Cette façon de faire, être discret et utiliser des armes non-léthales, est par ailleurs la meilleure méthode à adopter pour en retirer la quintessence du jeu. Et c’est ce qui fait la force de ce dernier : le fait d’avoir plusieurs approches distinctes, en plus d’avoir plusieurs fins possibles dans le jeu, augmente considérablement la rejouabilité. Ce n’est sans compter le fait que l’aventure est assez longue et est ponctuée de quêtes secondaires qui vous rapporteront quelques objets ou crédits supplémentaires. Autant dire que vous n’êtes pas prêt d’en voir le bout rapidement !

Le domaine dans lequel Deus Ex : Human Revolution frappe fort, c’est indéniablement dans sa direction artistique de haute volée. Très axée sur les couleurs noires et dorées, cet épisode possède vraiment une identité propre qui rend cet univers cyberpunk crédible, et confère au jeu une ambiance terrible. Les journaux, emails ou encore carnets électroniques que l’on trouve dispersés ici et là viennent renforcer encore plus l’immersion. C’est dommage par ailleurs que le titre souffre de lacunes sur le plan technique et visuel, ne sublimant pas comme si il se doit cette direction artistique. Nous pourrions également reprocher à ce Deux Ex la place des boss dans le jeu. Ils sont en effet loin d’être charismatiques, et les combats contre eux ne sont pas vraiment mémorables. On dirait qu’ils sont juste présents par nécessité, et sont par conséquent mal mis en avant. Toujours dans les reproches, nous pourrions citer l’intelligence artificielle des ennemis qui a des réactions pour le moins étranges par moment.

N’oublions pas de mentionner la bande-son qui est très agréable à l’écoute et collent bien à l’ambiance cyberpunk. Les voix originales n’étant pas présentes dans le jeu, nous sommes obligés de jouer avec les voix françaises. Le problème ne vient pas de la qualité de ces dernières, elles ne sont pas mauvaises, mais plutôt de la synchronisation labiale des personnages qui est très souvent à la ramasse, ce qui casse un peu le réalisme.

N’allons pas par quatre chemins, Deus Ex : Human Revolution est un excellent jeu. En plus d’être long et doté d’une ambiance qui a son charme, les différentes façons d’appréhender votre objectif empêchent la lassitude de l’action. Les quelques points négatifs entâchent un peu l’expérience, mais le jeu en vaut la chandelle.

Mon appréciation : ★★★★½

Titre : Deus Ex : Human Revolution
Plate-formes :PC, Playstation 3, Xbox 360
Développeur : Eidos Montréal
Editeur : Square-Enix