JV : DLC et pass, ces nouveaux fléaux

Cette génération actuelle de consoles n’a pas seulement apporté des nouveautés sur le plan technique, mais également du point de vue économique.

Le débat autour du système des DLC et des pass revient sur le tapis à cause des initiatives prises dernièrement par certains développeurs et éditeurs de jeux-vidéo. Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons par une petite rétrospective et quelques explications succinctes pour les néophytes.

Débutons tout d’abord avec le phénomène des DLC, acronyme de « Downloadable Content », qui se traduit simplement en français par « Contenu téléchargeable ». En d’autres termes, un DLC est une extension d’un jeu qu’il est possible de télécharger via Internet gratuitement ou contre de l’argent (une microtransaction). À première vue, cela semble partir d’une bonne idée pour prolonger l’expérience de jeu pour celui ou celle qui veut. Mais c’était sans compter sur l’importance financière que ce procédé représente, et l’émergence de méthodes abusives qui vont en découler.

Un autre pratique, qui fait d’ailleurs beaucoup parler d’elle en ce moment, est celle du pass online. Ce dernier est un code unique livré dans la boîte du jeu et qui vous donne généralement accès au mode multijoueur dudit jeu. Cela vise directement le marché de l’occasion, puisqu’il faut repasser à la caisse et payer le code en téléchargement (une dizaine d’euro en général) si celui-ci à déjà été utilisé par l’ancien propriétaire. Les raisons invoquées pour justifier cette technique sont la perte provoquée par la vente en occasion ainsi que l’entretien et la mise en place des serveurs.

DLC : un … [Veuillez payer pour lire la suite]

Comme je vous le disais précédemment, les extensions de jeu partent d’une idée louable au départ. Par exemple, il est possible de télécharger gratuitement de nouvelles missions qui vont allonger la durée de vie de votre jeu. Dans le genre gadget, il est souvent possible de télécharger des tenues virtuelles supplémentaires, et payantes, pour votre personnage. Jusqu’ici, il n’y  a pas de problème majeur, chacun achète ce qu’il veut, tant que cela reste accessoire, un supplément, et totalement dispensable à l’expérience que l’on retire d’un jeu. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de toutes les extensions …

Prenons le cas de Prince of Persia, sorti en 2008 entre autre sur Playstation 3 et Xbox 360. Les joueurs qui ont terminé le jeu auront remarqué la fin totalement ouverte, un choix qui paraîtrait délibéré au premier abord. Sauf que non. Les développeurs avaient en effet bel et bien pensé à une fin, mais ont décidé de la mettre dans un DLC payant, faisant office d’épilogue, plutôt que dans le jeu complet à sa sortie. Vous devrez donc payer une seconde fois pour connaître la vraie fin. Et si vous n’avez pas de connexion internet sous la main, vous n’y aurez tout simplement pas accès.

Pour continuer dans les pratiques douteuses, citons Resident Evil 5 et son mode Versus. Pourquoi ce jeu précisément ? Car ce mode est proposé en téléchargement payant alors que celui-ci se trouve d’ores et déjà sur le disque du jeu. En effet, la taille du fichier téléchargeable ne dépasse pas les 2 méga octets, ce qui signifie que l’on n’achète pas en réalité le mode Versus à proprement parler, mais un bout de code qui permet de le débloquer sur le disque. Avec les pass online, que je vais à présent aborder, cette démarche a été adaptée pour contrer un véritable fléau pour les éditeurs : le marché de l’occasion.

Comme un tour de pass pass

Certains d’entre vous ont peut-être déjà eu la surprise de ne pas avoir accès au mode multijoueur d’un jeu (Resistance 3 par exemple) après l’avoir acheté en occasion ou se l’être fait prêté par un ami. Les éditeurs voient en effet d’un mauvais oeil le marché de l’occasion qui leur fait perdre de l’argent, là où au contraire les magasins spécialisés se font une plus grosse marge que si ils vendaient le jeu en neuf.

Par conséquent, quelques actions de la part d’éditeurs ont été prises.
Que ce soit Sony Worldwide Studios, qui a dernièrement décidé d’inclure un pass online pour toutes leurs licences (Uncharted 3, Resistance 3, …), ou encore Warner Interactive avec leur pass solo pour Batman Arkham City qui donne accès à des défis supplémentaires dans le mode aventure du jeu.

C’est triste de devoir payer un supplément pour quelque chose qui fait normalement partie intégrante d’un jeu.

Conclusion

Il est facile de comprendre que toutes les sociétés tentent de gagner de l’argent et réduire les pertes. Mais la manière n’est généralement pas adéquate.
Quitte à faire un DLC, pourquoi ne pas faire une extension complète et supplémentaire au jeu, au lieu de priver le joueur d’un contenu dont il devrait avoir directement accès en achetant le jeu ? L’éditeur Rockstar l’a très bien compris et a sorti deux excellentes extensions pour Grand Theft Auto IV, et totalement indépendantes de l’aventure principale. Preuve qu’il n’y a pas que des «mauvais» DLC !
Quant aux pass, il est dommage de voir que ce sont encore les joueurs qui vont devoir mettre la main à la poche si ils veulent profiter pleinement de leur jeu acheté en seconde main, ou qu’un ami leur a simplement prêté. Et oui, même le prêt est pénalisé dorénavant !

D’une manière générale, la meilleure chose à faire pour montrer son mécontentement est de ne tout simplement pas acheter de DLC si celui-ci n’est pas de “qualité” . Il est plus difficile par contre d’éviter les pass si vous souhaitez absolument avoir accès au mode de jeu concerné. Il n’en reste pas moins que ces pratiques restent révoltantes pour les joueurs, mais elles ne risquent pas de disparaître de sitôt tant qu’ily aura de la demande. Il faut savoir également que la situation n’est pas la même sur PC, où la majorité des contenus sont proposés gratuitement. À ce rythme, jouer à un jeu complet sur console deviendra bientôt un luxe …