JV : Pourquoi je ne lis plus la presse papier

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Les revues papier consacrées aux jeux video n’ont plus trop la côte en ce moment. Pour ma part, je n’en lis plus aucun. Pour quelles raisons ?

L’actualité vidéoludique de cet été fut entre autre marquée par l’arrêt pur et simple de la parution des magazines JoyPad et PSM3, alors que ceux-ci existaient depuis quelques années déjà. Tout ceci est principalement dû à un seul et unique facteur : Internet.

Internet est … « Gratuit »

C’est évidemment la première raison qui me vient à l’esprit. Quand je dis «gratuit», je parle plus particulièrement de la consultation de sites, l’accès à Internet chez soi étant bien sûr payant. Les revues papiers sont, quant à elles, payantes et affichent un prix variant généralement entre 4€ et 8€. Malheureusement, le nombre de pages n’est pas proportionnel au prix, et on se retrouve généralement avec un magazine avec peu de pages, et en plus rempli de publicités.

De plus, vous avez accès à une multitude (pour ne pas dire infinité) de sites consacrés à cette passion que sont les jeux vidéo. De ce fait, nous ne sommes plus confrontés à un seul et unique point de vue, qui est celui de l’auteur de l’article. Vous trouvez en effet ce que vous voulez en moins de deux minutes avec une requête sur votre moteur de recherche préféré.

Internet est … Instantané

Je ne vous apprends rien en vous disant que le principe de l’actualité est d’être à la page rapidement, voire instantanément.

Avec une parution mensuelle, la presse papier a inévitablement du mal face à un outil qui propose des news ou des tests de manière instantanée. Vous pouvez en effet être sûr que vous allez trouver la critique d’un jeu le jour, ou si ce n’est avant, de sa date de sa sortie. L’argument est encore plus évident pour les news, qui n’ont d’intérêt qu’à être lues tout de suite, et non pas dans un mois, sous peine d’être « périmées ». Il m’est déjà arrivé de lire dans un magazine une rumeur qui a été démentie peu de temps après la parution de la revue.

Nous pouvons aussi compter sur les réseaux sociaux qui vont amener les informations jusqu’à nous, sans effort particulier.

Internet est … Complet

C’est un fait : les méthodes de diffusion des informations ne sont plus les mêmes qu’il y a 10 ans. Un simple exemple : énormément de news sont désormais accompagnées d’une vidéo (trailer, teaser, leak, etc.), chose évidemment impossible à mettre sur papier. Il en est de même pour des émissions, podcasts ou interviews qui apportent un complément d’information supplémentaire et généralement très apprécié par les internautes.

Les contenus additionnels livrés avec les magazines, tels que les démos, deviennent également obsolètes à cause des plateformes online comme le Xbox Live ou Steam.

Internet est … Communautaire

Ce qui est aussi bien avec le net, c’est la possibilité de pouvoir donner son avis et interagir avec d’autres internautes sur un article publié, à l’aide entre autre des forums, donnant parfois lieu à des débats entre passionnés (ou haters). Il y a une alternative dans les magazines, le courrier des lecteurs, mais ici encore le délai est long (on passe de l’instant présent au mois) et les messages sont souvent adressés aux rédacteurs.

Il n’est pas rare de retrouver sur un site des news ou des tests créés par les internautes eux-mêmes, toujours dans l’idée d’avoir plus d’avis différents.

Conclusion

Selon moi, un magazine ne devient intéressant qu’à partir du moment où celui-ci propose du contenu totalement exclusif, comme par exemple la visite d’un studio de développement avec une interview des différents intervenants.

Comme je l’ai mentionné précédemment, je ne trouve pas ça intéressant de lire une actualité qui a déjà été traitée par le passé, et dont le contenu a peut-être été modifié depuis. De plus, l’accès à Internet étant largement répandu dans les foyers, pourquoi donc irait-on payer des informations en grande quantité que l’on pourrait déjà avoir ailleurs, et ce gratuitement ?

Cependant, quelques revues étrangères arrivent à sortir du lot en proposant des informations qui seront pour la toute première fois révélées au public. Je pense plus particulièrement à GameInformer aux Etats-Unis ou encore le Famitsu au Japon. Ce dernier est d’ailleurs proposé à un prix trés démocratique (3€) et avec un nombre de pages tout de même conséquent (environ 300 pages), tout le contraire des magazines francophones …

Que faut-il faire alors ? Arrêter de lire ? Heureusement, non ! Pour ma part, je me suis tourné vers des livres (et non plus des magazines) qui traitent d’un sujet particulier. Parmi mes coups de coeur, je citerais sans hésiter la biographie de Gunpei Yokoi, un brillant inventeur qui a jadis travaillé chez Nintendo (à l’origine de la Gameboy, des Game & Watch, etc. ). Ces ouvrages atypiques, que vous pouvez notamment retrouver chez Pix n’Love ou chez Omaké Books, accomplissent un véritable travail d’investigation qu’il est impossible de trouver ailleurs.