La censure dans les jeux vidéo

Car oui, le jeu vidéo n’est pas à mettre entre toutes les mains ! En effet, un système d’évaluation entièrement dédié aux jeux vidéo en Europe, connu sous le nom de PEGI, a la lourde tâche de classifier les jeux par âge. Ainsi, un jeu violent, ou possédant un quelconque contenu sensible sera affublé d’un rectangle rouge 18+ pour déconseiller cet achat aux joueurs mineurs. Ceci est donc bien une mise en garde, et non une interdiction, sauf dans certains pays comme l’Allemagne où les restrictions sont beaucoup plus sévères. Certains jeux jugés trop violents se voient même purement et simplement interdits à la vente par le gouvernement allemand. Et l’on ne parle pas de petits titres, mais bel et bien de blockbusters tels que Gears of War ou Dead Space ! À ma connaissance, il n’y a pas eu de telles interdictions en France ou en Belgique. Il faut également savoir qu’un pays peut posséder un système d’évaluation complémentaire, qui lui se base sur d’autres critères pour délivrer sa notation, comme le système USK en Allemagne. Si l’on regarde par exemple la jaquette et le disque de Final Fantasy XIII, nous pouvons remarquer que le jeu est classé 16+ chez PEGI et 12+  chez USK.
De ce fait, nous pouvons observer plusieurs variations pour un même jeu dans différents pays, qu’ils soient proches ou non. Mais la mesure est-elle vraiment utile lorsque l’on sait qu’un achat sur Internet est simple et facile d’accès ?

Que serait Gears of War sans sa tronçonneuse ?
Que serait Gears of War sans sa tronçonneuse ?

Si l’interdiction de vente n’est, à ma connaissance, jamais arrivée dans notre pays, la modification d’éléments « dérangeants » est quant à elle une pratique déjà plus courante. La censure émane parfois directement des développeurs et des éditeurs qui, d’un commun accord, préfèrent enlever ou remplacer certains éléments du jeu (des effusions de sang par des pixels noirs par exemple) afin de ne pas obtenir le fatidique label rouge 18+ de PEGI, et ainsi toucher un public plus jeune et plus large. Cela a été entre autres le cas en Europe pour Ninja Gaiden, Metal Gear Solid : Peace Walker ou encore No More Heroes. Il arrive cependant qu’un même jeu arrive un peu plus tard dans une version non censurée et contenant quelques bonus supplémentaires. Cette censure va du retrait d’éléments graphiques comme le sang jusqu’à la coupure d’une scène estimée trop violente ou inappropriée. Je pense notamment à une séquence à la fin de Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty qui a dû être raccourcie à la dernière minute afin que l’on ne voie pas une partie de Manhattan ravagée. Un terrible concours de circonstances, puisque l’opus est sorti un mois après les drames survenus le 11 septembre 2001.

Outre la classification, certains jeux vidéo dérangent, jusqu’à parfois provoquer des débats. Vous avez peut-être entendu parler de la fameuse mission dans Call of Duty : Modern Warfare 2 se déroulant dans un aéroport. Pour faire court, vous incarnez un agent infiltré parmi des terroristes qui ont prévu de faire un massacre dans un aéroport russe. Vous avez par ailleurs le choix dans le jeu de passer cette mission, ou bien de ne tuer aucun civil pendant le déroulement de celle-ci. Cela n’a cependant pas suffi pour éviter la polémique autour de cette séquence, qui fut modifiée au Japon et en Allemagne, et retirée en Russie. Le développeur s’explique d’ailleurs sur l’intérêt d’une telle mission en mettant en avant la moralité du joueur et la conséquence de ses actes.

Prostituées, drogues, vols, meurtres ... Le mélange idéal pour faire parler de lui !
Prostituées, drogues, vols, meurtres ... Le mélange idéal pour faire parler de lui !

Une autre controverse autour de Resident Evil 5 s’est créée suite à la découverte du design des zombies à la peau noire dans le jeu. Précisons que ce dernier se déroule en Afrique noire, d’où cette couleur de peau. Vous vous en doutez, une frange de la population n’a pas hésité à traiter les développeurs de racistes peu de temps après la sortie du premier trailer. Ce n’était bien évidemment pas l’intention de Capcom de créer une telle polémique à l’époque, et déclareront plus tard avoir appris quelque chose de cette expérience, telle qu’un meilleur rapprochement entre la branche japonaise et américaine de l’entreprise pour éviter ce genre de déboires dans le futur.  En général, c’est Rockstar qui s’attire les foudres et qui se retrouve au centre de toutes les attentions à chaque sortie d’un opus de la série Grand Theft Auto.

La religion étant un sujet sensible, il n’y a pas que la violence qui est censurée.

Nous sommes en droit de nous demander si toute cette censure, suspendue telle une épée de Damoclès, n’est pas parfois trop exagérée au point d’empêcher les développeurs de s’exprimer pleinement. Il est donc parfois impossible pour un développeur de voir toutes ses idées se concrétiser, par peur de choquer ou de restreindre  le public visé.