Zoom sur Mac OS X Lion

Disponible depuis le 22 juillet dernier, le nouveau système d’exploitation d’Apple, baptisé Mac OS X Lion, a officiellement pointé le bout de son museau sur le Mac App. Store. Qu’en est-il de son ergonomie ? Vaut-il le coup ? Tentative de réponse.

Avant d’entrer dans le vif du détail, je tiens à préciser que je ne vais pas m’étaler sur toutes les nouveautés car la liste est beaucoup trop longue et fastidieuse. Pour plus de précision, je vous renvoie sur le site officiel d’Apple. Ce zoom est avant tout un retour d’expérience, totalement subjectif, après avoir passé un moment en compagnie du félin.

La compagnie a été très claire lors de la première présentation de OS X Lion : le système d’exploitation bénéficiera des fonctions principales apportées par les périphériques tournant sur iOS (iPhone, iPad, iPod Touch). Certains grinceront des dents rien qu’à la simple idée de ce mélange qui pourrait paraître comme un changement de bord de la part de la firme pommée.

Alors que Snow Leopard se contentait de modifier l’architecture en profondeur sans que l’utilisateur ne voit quelque chose de concret, Lion reprend quant à lui les fondations de son prédécesseur et introduit plusieurs nouveautés, le tout accompagné de retouches graphiques.

Multi-touch et plein écran

Comme je l’ai dit précédemment, Apple s’est totalement inspirée de l’iPhone et de l’iPad pour cette nouvelle mouture. Et cela ne se limite pas à l’aspect logiciel ! En effet, l’analogie va encore plus loin grâce à l’apport de nombreux gestes tactiles multi-touch que l’utilisateur va pouvoir accomplir avec une Magic Mouse ou encore un Magic Trackpad. Personnellement, j’ai opté pour ce dernier (plus grand, plus confortable) depuis déjà quelques mois, je n’ai donc aucun mal à utiliser le Mac sans souris. À l’instar des machines iOS, vous pourrez scroller, zoomer, changer de bureau, changer de fenêtre, faire défiler des images, etc. en un geste avec vos petits doigts endurcis.

Ces nouveaux mouvements se révèlent être pratiques si on prend, bien évidemment, la peine de s’habituer. Une fois ces nouveaux réflexes acquis, l’utilisation du Mac n’est en que fluidifiée et agréable. Les personnes qui souhaiteront tout de même rester avec leur souris rateront, bon gré mal gré, une des nouveautés centrales de Mac OS X Lion.

 

Si vous regardez comment les applications sont affichées sur iOS, vous remarquerez que celles-ci prennent toute la place disponible sur l’écran. Il est désormais possible d’en faire de même sur Lion, en cliquant sur la double flèche pour afficher une fenêtre en plein écran, faisant disparaître le Dock ainsi que la barre de menu. Attention cependant, il faut que ce soit le développeur qui incorpore le plein-écran dans son logiciel pour que cette action soit faisable. Pour le moment, vous ne risquez donc pas de l’utiliser souvent en dehors des logiciels Apple.

Je n’ai personnellement pas l’utilité (à part pour iTunes) d’une telle fonction actuellement car peu d’applications en tirent vraiment parti. Possédant un iMac, je conçois que l’expérience doit être toute autre sur un ordinateur portable qui possède un écran plus réduit.

Mission Control et LaunchPad

Venons-en à présent à une fonction que vous utiliserez, à mon avis, assez souvent : Mission Control, une sorte de mélange entre Space et Exposé. Ce dernier vous donne une vue générale sur les applications que vous êtes en train d’utiliser. D’un geste, ou d’une pression de touche, toutes vos fenêtres ouvertes et vos différents bureaux sont affichés et accessibles.

Contrairement à Exposé, les plusieurs fenêtres d’une même application sont disposées sur une pile, donnant une impression de meilleure organisation, mais qui peut sembler confus dans le cas où beaucoup de ces dites fenêtres sont ouvertes. En plus de cela, vous avez la possibilité de réorganiser vos bureaux à l’aide de simples «glisser-déposer» entre les différents espaces. Si vous souhaitez passer d’un bureau à l’autre sans passer par Mission Control, il vous suffit de balayer le Trackpad avec trois doigts ou d’utiliser le raccourci clavier adéquat.

Encore une fois, il s’agit d’une question d’habitude. D’un côté, la tâche est facilitée puisque Mission Control regroupe deux anciennes fonctions à la fois, mais de l’autre on en perd un peu plus en visibilité si l’on n’utilise pas plusieurs bureaux. Heureusement, la manipulation est simple et intuitive donc il n’y a pas de problème à proprement parler.

Toujours dans un soucis de rapprochement entre ses différentes plate-formes, Apple a repris pixel par pixel l’interface de l’iPad pour la mettre dans LaunchPad. Celui-ci regroupe toutes vos applications et les affiche comme si nous étions face à un iPad. L’aspect tactile rentre également en jeu étant donné que l’on navigue beaucoup plus naturellement entre les pages en les balayant vers la gauche ou la droite.

Je vous vois déjà venir avec une question simple et pourtant pleine de sens : à quoi cela sert-il sur un Mac ? Dans les faits, à rien, après c’est aussi à vous de juger de son utilité. Pour couronner le tout, la disposition des logiciels sur le LaunchPad n’est pas alphabétique, c’est donc à vous de les bouger une à une. Pas spécialement utile et pratique, je ne suis pas prêt de délaisser Spotlight ou mon dossier «Applications».

Reprise, Auto Save et Versions

Attardons-nous dés à présent sur des nouveautés plus discrètes visuellement, mais qui font tout de même leur petit effet.

Commençons tout d’abord avec Reprise. Imaginez-vous, par exemple, en train de rédiger un document, avec une page web ouverte, tout en écoutant de la musique. Si vous deviez éteindre, pour une raison ou une autre, votre Mac de toute urgence mais que vous souhaiteriez tout récupérer tel quel au prochain démarrage, Reprise s’en occupera pour vous. C’est un peu comme une reprise de veille sauf qu’ici l’ordinateur peut être éteint. De plus, toutes les applications qui bénéficient de cette fonction garderont en mémoire l’état dans lequel vous les avez laissées à leur fermeture. Fini le temps où il fallait sauvegarder chaque document un par un avant d’éteindre son ordinateur !

Comme son nom l’indique, Auto Save s’occupera quant à lui de sauvegarder à intervalles régulier le travail en cours. Par conséquent, l’usage du raccourci CMD-S devient obsolète puisque c’est désormais le système qui s’en charge.

Enfin, Versions risque de ravir les plus indécis d’entre vous. Vous pouvez en effet afficher tous les instantanés d’un document sur une ligne du temps, façon Time Machine. Comme la sauvegarde est automatique, vous retrouverez petit à petit la construction de votre document. Très utile lorsque vous jugez que votre texte de hier était meilleur que celui d’aujourd’hui.

Simples et pratiques, ces trois nouveautés donnent une certaine « assurance » en nous rendant moins soucieux de perdre une quelconque information (les documents notamment).

Liftings esthétiques et performances

Ce n’est pas tout, Mac OS X Lion apporte son lot de retouches esthétiques, sans non plus être un bouleversement total. La chose la plus frappante pour les anciens utilisateurs sera sans aucun doute la disparition du look Aqua (les barres bleues), qui a laissé sa place à des ascenseurs importés directement des systèmes iOS (voir image ci-dessous). Les plus attentifs remarqueront que les boutons ont abandonné les courbes pour une forme rectangulaire. Chose remarquable également, les icônes ne revêtent plus de couleur et adoptent un ton grisâtre pour harmoniser et épurer un peu plus l’ensemble. On aime ou on n’aime pas, mais dans mon cas cela ne me dérange pas dans la mesure où cela reste une modification assez mineure. De plus, quelques animations sont présentes et donnent une impression de fluidité, en plus d’être agréable.

Parmi les logiciels made in Apple, certains ont changé de design, je pense notamment à Mail, Carnet d’Adresse et iCal qui se rapprochent de très près à leurs homologues sur iPad.

Ce qui compte aussi pour un système d’exploitation, c’est bien sûr ses performances au quotidien. Sur ce point, Lion est dans la même continuité que ses prédécesseurs, à savoir un système fluide et rapide. Au départ, j’étais assez déçu sur ce point, mais j’en ai compris la cause par la suite. Je m’explique : avant d’installer Lion, ma machine tournait sur OS X Snow Leopard, et encore avant elle était sous Leopard. Je n’avais, jusqu’à maintenant, jamais fait d’installation «propre», je m’étais contenté de mettre à niveau ma version du système pour ne perdre aucune donnée. Après l’installation de Lion, j’avais remarqué quelques bugs (Spotlight qui indexe trop souvent mon disque dur notamment) et quelques ralentissements qui me faisaient un peu regretter Snow Leopard. Mes craintes se sont néanmoins effacées après la réinstallation complète de Lion, qui a fait retrouver à mon Mac sa vélocité d’antan ! Je vous conseillerais tout de même d’avoir 4 Go de mémoire vive sur votre ordinateur pour être à l’aise.

Totalement pompé des périphériques iOS, Mac OS X Lion n’en reste pas moins un système abouti et stable, qui regorge de bonnes idées. Les quelques défauts de jeunesse seront oubliés après un premier correctif qui devrait arriver incessamment sous peu. Enfin, ce n’est certainement pas son prix que l’on va lui reprocher, puisque le système est en vente à 23€ sur le Mac App. Store.

(Testé sur iMac early 2009)

Note : N’ayant pas à disposition un deuxième Mac muni de Lion, je n’ai pas pu tester AirDrop, l’échange rapide de fichiers par WiFi.